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poésie

  • l'avènement des coprologues

    C’est comme si nous avions dormi
    Parfois pourtant nous nous réveillons
    Nous sortons de l’hypnose, des lumières bleues
    Et le monde a changé
    une novlangue promue dans les écoles de commerce dans les écoles de management dans les écoles de communication
    se déverse

    la langage de la technostructure comporte peu d’adjectifs
    pas d’affect ni d’émotion
    c’est le nouveau parler nazi
    la langue des winners
    ils n'ont pas de sang sur les mains
    ni de solution finale
    mais ce sont des détails...
    bien sûr il y a les machines
    elles sont partout
    de plus en plus petites un jour elles seront cellulaires
    elles agrègent elles compilent les données
    elles calculent
    la prochaine fois que nous nous réveillerons
    nous serons sous tutelle


    © LACALAVERA

  • Chants de la Terre gaste (4)

    maintenant nous mangeons la Terre
    nous la dévorons nos entreprises
    sont des formes en mutation un jour elles seront notre mère,

    la creusons la vidons
    nous mettons dessous dessus
    une autre couche une autre terre
    une peau grise
    cette folie

    ce que nous sommes devenus
    cette empreinte laissée sur le mur des cavernes
    notre passage au cœur des forêts
    quand ?



    © Lacalavera
    © Illustration "Thomas Pesquet in the dark", Blue Rabbit & Léa, 2018

  • Chants de la Terre gaste (3)

    Les hangars entôlés les entrepôts
    sont postés à toutes les issues
    ils contiennent la marchandise
    leurs panneaux colorés nous appellent
    leur publicité
    leurs clins d’œil
    La marchandise est partout
    elle s'y reproduit elle s'y divise
    elle déborde
    tout ce qui vit ici en dégorge comme un flux percé
    les grosses veines
    les rebuts les cartons les emballages
    les films plastiques le polystyrène les palettes
    les couvercles cassés les coins de bois les liens s'additionnent au cloaque
    nous qui n'avons pas
    la marchandise la came le produit
    et tout de suite il est là le vieux rêve
    il est pâle, effiloché, il ne tient à rien
    ce n'est qu'une empreinte
    il dit la plénitude
    le sentiment irraisonné d'un monde à soi
    il chante
    mais c'est une gueule vorace une morsure
    elle a plusieurs visages
    dans le ciel, des corbeaux
    ce sont peut-être les seuls oiseaux
    et leurs croassements glissent sur le champs de bataille
    ici, nous avons failli



    © Lacalavera
    © Illustration "La beauté fuite" BlueRabbit&Léa (2017)