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  • Chants de la Terre gaste (4)

    maintenant nous mangeons la Terre
    nous la dévorons nos entreprises
    sont des formes en mutation un jour elles seront notre mère,

    la creusons la vidons
    nous mettons dessous dessus
    une autre couche une autre terre
    une peau grise
    cette folie

    ce que nous sommes devenus
    cette empreinte laissée sur le mur des cavernes
    notre passage au cœur des forêts
    quand ?



    © Lacalavera
    © Illustration "Thomas Pesquet in the dark", Blue Rabbit & Léa, 2018

  • Chants de la Terre gaste (3)

    Les hangars entôlés les entrepôts
    sont postés à toutes les issues
    ils contiennent la marchandise
    leurs panneaux colorés nous appellent
    leur publicité
    leurs clins d’œil
    La marchandise est partout
    elle s'y reproduit elle s'y divise
    elle déborde
    tout ce qui vit ici en dégorge comme un flux percé
    les grosses veines
    les rebuts les cartons les emballages
    les films plastiques le polystyrène les palettes
    les couvercles cassés les coins de bois les liens s'additionnent au cloaque
    nous qui n'avons pas
    la marchandise la came le produit
    et tout de suite il est là le vieux rêve
    il est pâle, effiloché, il ne tient à rien
    ce n'est qu'une empreinte
    il dit la plénitude
    le sentiment irraisonné d'un monde à soi
    il chante
    mais c'est une gueule vorace une morsure
    elle a plusieurs visages
    dans le ciel, des corbeaux
    ce sont peut-être les seuls oiseaux
    et leurs croassements glissent sur le champs de bataille
    ici, nous avons failli



    © Lacalavera
    © Illustration "La beauté fuite" BlueRabbit&Léa (2017)

  • Chants de la Terre gaste (2)

    multiplication des voies chacun a sa route
    elles tournent se croisent se chevauchent se coupent
    elles vont partout
    nostalgie des cavées des drailles des traverses
    que l’on prenait en sifflotant les yeux calmés
    ces passages n’intéressent plus les hommes,
    ils leurs préfèrent des flux connectés
    qui saturent les sens,
    la ronce y va les rameaux ont pris une ampleur inquiétante
    ne subsiste qu’une impression de chemin
    quelque chose que les corps auraient laissé
    en passant
    une direction
    comme la fuite d’un animal
    avant que les bois se referment.
    Un jour je le sais nous vivrons avec les bêtes







    © Lacalavera